Le 11 juillet 2013

Le chroniqueur Akram Belkaïd décortique les faiblesses de la démocratie et se prononce en faveur d'une réforme structurelle.

Résumé de l'article :

Dans cet article, l'auteur pointe les faiblesses de la démocratie. L'actualité (en Egypte et en Tunisie notamment) nous montre que les processus électoraux n'engendrent pas nécessairement la satisfaction du peuple. Selon Belkaïd, ces failles ne s'observent pas seulement à l'échelle du Maghreb, mais aussi dans les pays dits développés où la perte de confiance de la population envers les politiques est manifeste.

Pour corriger ces failles, l'auteur émet la possibilité de revenir sur un vote si l'élu est déclaré comme défaillant par la majorité. Belkaïd souligne le fait que l'élection ne doit pas être vue comme la bénédiction que le peuple donne à l'élu pour une longue période ni comme quelque chose d'acquis et sans contrepartie. L'élu doit garantir au peuple ce qu'il lui a promis. Belkaïd reconnaît néanmoins que les moyens pour mettre en oeuvre cette démocratie du "recall" (les pétitions notamment) n'ont été jusqu'à présents que peu efficaces. Il préconise le recours à des moyens institutionnels forts tout en admettant que la mise en place de la démocratie du "recall" est un processus délicat du fait que la transition démocratique est seulement amorcée dans ces pays.

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Source : Blog d'Akram Belkaïd

Le 10 juillet 2013

Une chronique de Sadek Sellam

Résumé de l'article :

Au lendemain de la nomination controversée de Dali Boukabeur à la tête du CFCM (Conseil français du culte musulman), l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis s’interroge sur les liens flous entre le CFCM et les sphères politique et économique et souligne les difficultés de mettre d'accord les partisans de l'islam marocain et ceux de l'islam algérien. Dali Boukabeur sera t-il capable d'endosser le rôle de président d'un nouveau CFCM, plus enclin à l'équité, la transparence et l'écoute de la communauté musulmane de France ? Voici les questions soulevées par Sadek Sellam, historien de l’islam contemporain et auteur de nombreux ouvrages dont La France et ses Musulmans : un siècle de politique musulmane (1895-2005).

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Source : Site web de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis.

Le 3 juillet 2013

Marion Livanz, le 24 juin 2013

On constate une inquiétante recrudescence d’actes de violence provenant de groupuscules d’extrêmes droites qui ne semblent malheureusement pas se limiter à la France. Qu’il s’agisse des diverses attaques homophobes, notamment celles de Lille, de l’agression fatale du jeune militant «  antifasciste » Clément Méric à Paris, ou encore plus récemment des agressions contre des femmes portant le voile* à Argenteuil.

Depuis plusieurs mois en France, l’intensité des attaques semble aller crescendo en ce qui concerne plus particulièrement les « musulmans ». On note aussi une certaine libération de la parole et des dérapages à répétition, sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent. Jusqu’à présent de nombreux graffiti et tags nazis ont été recensés dans des mosquées et des cimetières musulmans, mais aussi, et ce qui est plus grave, des attaques sur des personnes d’obédience ou d’« apparence musulmane ».

On est en droit de se demander où s’arrêtera cette poussée de violence qui est tout simplement inacceptable. Et ce, quel que soit la victime ; qu’elle porte ou pas le voile, ou qu’il porte ou pas la kippa. Peu importe que l’on soit pour ou contre le port du voile, ou pour ou contre le port de la kippa. Là n’est pas la question ! Ce qui importe avant tout, et qui nous concerne tous en tant que citoyens, c’est que nous puissions tous vivre en sécurité et nous déplacer sans crainte pour notre personne. Un des droits (de l’homme et de la femme) les plus fondamentaux est ici remis en question. Vigilance…

Rappelons que la Charte des Nations Unies réaffirme la « foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine », et engage tous les États membres à promouvoir « le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ». Et rappelons aussi les « quatre libertés » adoptées par les alliés lors de la Seconde Guerre Mondiale: la liberté d'expression, la liberté de religion, la liberté de vivre à l'abri du besoin et la liberté de vivre à l'abri de la peur.

Il est très regrettable que dans le cas particulier des « femmes voilées » d’Argenteuil les médias français et les pouvoirs publics soient restés très timides et aient manqué de fermeté, à la différence du traitement de l’ « affaire Clément Méric » (ce dont on peut se féliciter par ailleurs). Comme si condamner des agressions et défendre les droits légitimes de ces « femmes voilées » reviendrait à légitimer le port du voile et par là, la supposée menace de la laïcité et de la France par l’islam. Ou pire, cela pourrait être perçu comme une complaisance, voire une complicité, vis-à-vis d’un islam supposé « conquérant ». Ce qui au passage fait complètement le jeu de ces mêmes groupuscules d’extrêmes droites et c’est ce qui semble faire leur force et leur montée en puissance non seulement en France mais aussi dans une bonne partie de l’Europe (le cas de la Grèce est exemplaire).

Il est impératif de bien distinguer ces deux problématiques qui souvent brouillent les esprits, rapidement échauffés dès qu’il s’agit de près de ou de loin de l’ « islam », ce qui éviterait ainsi de nombreux dérapages et d’emballements soudains (cette confusion favorisant de malheureux amalgames). A savoir distinguer, dans le cas d’Argenteuil, le port du voile et la question de l’islam d’un côté et l’agression d’une personne physique et le respect de ses droits de l’autre.

*L’expression « femmes voilées » semble designer une espèce à part, qui ne serait pas « comme nous », et donc implicitement pas dignes des mêmes droits. Rappelons qu’il s’agit avant tout de personnes, de femmes qui seulement ensuite portent un voile, ou encore mieux le hijab (plus précis, le terme voile portant à confusion, et suggérant l’idée de se cacher, de se « voiler la face »).